Derrière “elles sont chiantes” ou “elles sont folles” : ce que ça dit vraiment de nous, les hommes

Publié dans les catégories Couple, Masculinité, Men's work, Self-Leadership par Christophe Vidal

Quand un homme dit « elle est chiante » ou « elle est folle », il parle rarement d'elle. Il avoue qu'il ne sait pas accueillir ce qu'elle lui renvoie. Ces phrases sont un aveu d'impuissance émotionnelle déguisé en jugement. Les reconnaître pour ce qu'elles sont, c'est le premier pas vers une vraie maturité d'homme.

J'ai utilisé ces mots pendant 40 ans

Je l'avoue, j'ai longtemps utilisé ces mots. Jusqu'à mes 40 ans, je croyais que les femmes étaient « chiantes » et « folles ». Un automatisme, une croyance si ancrée que je ne la questionnais plus.

Le déclic est venu à mes débuts en coaching, avec John Wineland, mon coach pour hommes aux États-Unis. C'est là que j'ai découvert une chose que personne ne m'avait jamais nommée : il existe une énergie masculine et une énergie féminine, distinctes, chacune avec ses principes.

Derrière mon « elle est chiante », je me cognais à une énergie féminine que je ne comprenais pas et que je ne savais pas accueillir. Je n'avais ni la carte ni les mots pour la rencontrer. Alors je collais une étiquette sur ce qui me dépassait.

Ce que cache « elle est chiante »

Le plus souvent, c'est une façon de rejeter l'inconfort que je ressens quand une femme exprime quelque chose que je ne sais pas contenir. Le vrai sujet, c'est moi. Je ne sais pas gérer ce qu'elle me renvoie.

Alors je dis « elle est chiante » comme une protection, pour ne pas sentir mon propre malaise. Je me décharge sur elle. Un aveu de faiblesse déguisé. Un aveu d'impuissance émotionnelle.

Et « elles sont folles » ?

Même mécanisme. Je projette mon incompréhension, mon inconfort, ma peur peut-être, sur elle. Je n'arrive pas à comprendre son monde émotionnel, je le dis « dérangé ». Je n'arrive pas à poser un cadre sûr dans la relation, je la traite d'instable.

Je juge chez l'autre ce que je ne sais pas gérer en moi.

Alors, que faire ?

La première étape demande du courage : se regarder en face. Reconnaître que ces phrases parlent à ta place, depuis une vieille réaction automatique. Ensuite, apprendre. Parce que ça s'apprend :

  • Ressentir sans rejeter.
  • Écouter sans juger.
  • Accueillir sans vouloir contrôler.

Un chemin exigeant, et libérateur. C'est aussi le cœur du travail sur soi entre hommes : rester présent là où, avant, tu fuyais dans le jugement.

Et si, au lieu de « elles sont chiantes », on apprenait à dire :

« Je ne comprends pas ce qu'elle vit, et je veux essayer. » « Je me sens déstabilisé, et j'ai envie de rester présent. »

C'est peut-être là que commence une nouvelle maturité masculine. La même qui te permet de décoder le besoin sous un reproche au lieu de le rejeter, ou de rester posé quand le ton monte.

Questions fréquentes

Pourquoi les hommes disent-ils que les femmes sont « folles » ou « chiantes » ?

Le plus souvent parce qu'ils ne savent pas accueillir une émotion qu'ils ne comprennent pas. Le jugement sert de protection : il évite de sentir son propre inconfort. Ça parle plus de celui qui juge que de celle qui est jugée.

Dire « elle est folle », est-ce forcément sexiste ?

Le réflexe en dessous du mot compte plus que l'étiquette elle-même. Ce mot évacue une difficulté relationnelle en la mettant sur le compte de l'autre. Le reconnaître ouvre une autre voie : comprendre ce qui se joue en soi.

Comment changer ce réflexe ?

En le repérant sur le moment, puis en restant présent à l'inconfort au lieu de le rejeter sur l'autre. Ça s'apprend, souvent plus vite dans un cadre qui le travaille, en accompagnement ou en cercle d'hommes.

On en parle ?

Si tu te reconnais dans ces mots et que tu veux apprendre à rester présent là où tu jugeais, on devrait échanger. Je garde chaque semaine quelques appels de 20 minutes, gratuits et sans engagement.

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